Sécheresse vaginale : causes, remèdes et quand consulter un médecin

Sous la direction de Dr Valeria Ascione, pharmacien.

Si la gêne n'apparaît que pendant les rapports sexuels, il faut un lubrifiant, à utiliser immédiatement. Si la sensation de sécheresse et de tiraillement persiste les autres jours, il faut un hydratant intime, à utiliser régulièrement deux ou trois fois par semaine. Si les symptômes persistent ou sont douloureux, il convient de consulter un médecin : il existe des traitements, et aucun produit cosmétique ne peut les remplacer.

C'est une distinction simple mais souvent négligée, et c'est la raison pour laquelle de très nombreuses personnes achètent le mauvais produit, ne trouvent pas de soulagement et en concluent qu'il n'y a pas de solution.

En bref

  • « Lubrifiant » et « hydratant » ne sont pas synonymes : Le premier agit immédiatement, le second à long terme. Ils ont des fonctions différentes et peuvent être utilisés ensemble.
  • Les recommandations internationales mentionnent les lubrifiants et les hydratants comme première prise en charge en cas de symptômes légers, avant d'envisager des traitements hormonaux locaux.
  • Un bon lubrifiant devrait se rapprocher des valeurs physiologiques : pH d'environ 4,5 et une osmolalité modérée. Les produits trop concentrés peuvent endommager l'épithélium.
  • Les produits à base d'huile ne sont pas compatibles avec les préservatifs en latex. C'est une question de sécurité, pas de préférence.
  • Une douleur persistante, des saignements, une sensation de brûlure qui ne disparaît pas ou des pertes anormales ne relèvent pas de la cosmétique : doivent consulter un médecin.

Pourquoi la sécheresse vaginale apparaît-elle ?

La muqueuse vulvo-vaginale conserve son hydratation grâce à un équilibre qui dépend en grande partie des œstrogènes. Lorsque ce taux diminue, les tissus s'amincissent, perdent de leur élasticité et produisent moins de lubrification naturelle.

Les situations dans lesquelles cela se produit sont plus nombreuses qu'on ne le pense, et elles ne concernent pas uniquement la ménopause :

  • Ménopause et périménopause, la cause la plus fréquente
  • Allaitement et les mois qui suivent l'accouchement
  • Certains contraceptifs hormonaux
  • Traitements anticancéreux, en particulier ceux qui réduisent le taux d'œstrogènes
  • Certains médicaments couramment utilisés, notamment certains antihistaminiques et antidépresseurs
  • Produits nettoyants agressifs, lavages intimes et produits parfumés, qui peuvent perturber l'équilibre de cette zone
  • Affections dermatologiques de la vulve nécessitant un diagnostic

Lorsque la sécheresse s'accompagne de sensations de brûlure, de douleurs lors des rapports sexuels ou de troubles urinaires récurrents pendant la ménopause, on parle de syndrome génito-urinaire de la ménopause: une affection clinique reconnue, très répandue et — selon la littérature — largement sous-diagnostiquée, car on en parle peu et on a tendance à la considérer comme inévitable. Ce n'est pas le cas.

Quelle est la différence entre un lubrifiant, un hydratant et un traitement ?

Il s'agit de trois catégories distinctes en fonction de leur usage, du moment où elles sont utilisées et de la nature du produit. En choisir une plutôt qu'une autre est l'erreur la plus courante.

Trois réponses différentes à trois problèmes différents
Qu'est-ce que c'est ? Quand l'utiliser Ce qu'il ne fait pas
Lubrifiant Produit cosmétique Au moment de l'acte sexuel, pour réduire les frottements Il n'hydrate pas les tissus à long terme : l'effet disparaît dès la fin de l'application
Hydratant intime Produit cosmétique Avec régularité, deux ou trois fois par semaine, indépendamment des rapports sexuels Il n'agit pas sur la cause hormonale de la sécheresse
Traitement local Médicament Sur ordonnance, lorsque les symptômes sont persistants ou importants Ce n'est pas un produit cosmétique et on ne le choisit pas soi-même

Les recommandations des sociétés scientifiques internationales suivent une approche par paliers : pour les symptômes légers à modérés, on commence par des lubrifiants à utiliser selon les besoins et des produits hydratants à utiliser régulièrement, et on envisage des traitements hormonaux locaux si cela ne suffit pas ou si les symptômes sont plus prononcés.

Concrètement : commencer par des lubrifiants et des hydratants est une approche raisonnable et recommandée par les recommandations officielles. Si, après quelques semaines d'utilisation correcte, les symptômes persistent, la prochaine étape est une consultation médicale, et non l'utilisation d'un autre produit cosmétique.

Comment choisir un lubrifiant : les deux chiffres à vérifier

Les deux chiffres à vérifier sont le pH, qui devrait avoisiner les 4,5, et l’osmolalité, qui devrait rester modérée : ils sont rarement mentionnés sur l'étiquette, mais ils influent sur la compatibilité du produit avec les tissus.

3,5-4,5pH vaginal physiologique
4,5pH recommandé pour un lubrifiant
380mOsm/kg, osmolalité idéale
1200mOsm/kg, limite tolérée

L’osmolalité mesure la concentration d'une solution. Si un lubrifiant est beaucoup plus concentré que les tissus avec lesquels il entre en contact, il aspire l'eau des cellules par osmose. Il en résulte qu'un produit conçu pour apporter un soulagement peut, au contraire, déshydrater et irriter la muqueuse.

Dans une note technique sur les lubrifiants, l'Organisation mondiale de la santé indique comme valeur idéale une osmolalité ne dépassant pas 380 mOsm/kg, en admettant jusqu'à 1 200 mOsm/kg comme limite de tolérance, étant donné qu’à l’époque, très peu de produits répondaient à la valeur idéale. Plusieurs études ont montré que les lubrifiants fortement hyperosmolaires peuvent endommager l'épithélium vaginal, cet effet étant d'autant plus important que le produit s'éloigne des valeurs physiologiques.

Que faire concrètement ?

L'osmolalité et le pH ne figurent presque jamais sur l'emballage, et il n'y a aucune obligation de les indiquer. Il s'agit toutefois de données dont dispose un fabricant sérieux et qu'il peut fournir sur demande au service client : les demander est un moyen simple de savoir si un produit a été testé selon ces paramètres.

Un indice utile sur l'étiquette : la présence de glycérine, de propylène glycol et de polyols en tête de la liste INCI indique des concentrations élevées, et ce sont les ingrédients qui font le plus souvent augmenter l'osmolalité. Ce n'est pas un défaut en soi — tout dépend des quantités — mais c'est un point sur lequel il vaut la peine de se poser des questions.

Eau, silicone ou huile : quelle différence fait la base du lubrifiant ?

La composition du produit détermine sa durée d'action, ses sensations et surtout sa compatibilité avec les préservatifs et les dispositifs.

  • À base d'eau. Ce sont les plus polyvalents et les plus compatibles avec tout. Ils sont absorbés plus rapidement, ce qui peut nécessiter une nouvelle application. Ce sont ceux pour lesquels l'osmolalité et le pH ont le plus d'importance.
  • À base de silicone. Ils durent plus longtemps et ne sont pas absorbés. Compatibles avec le latex, mais ils peuvent abîmer les jouets en silicone.
  • À base d'huile. Une sensation riche et persistante, mais incompatibles avec les préservatifs en latex, qui se détériorent jusqu'à se casser.

Si vous utilisez un préservatif, voici la règle à respecter

Évitez les produits à base d'huile, y compris l'huile de coco, la vaseline et les crèmes corporelles riches. Ils compromettent l'intégrité du latex et réduisent son efficacité contraceptive et protectrice. Avec un préservatif en latex, utilisez des lubrifiants à base d'eau ou de silicone.

Dans la notre gamme dédiée au bien-être intime vous trouverez des formules spécialement conçues pour la sensibilité de cette zone. Quel que soit le produit que vous choisirez, qu'il s'agisse des nôtres ou d'autres marques, les critères restent ceux de ce guide : des valeurs proches de celles de l'organisme, des ingrédients bien tolérés et une compatibilité avec les produits que vous utilisez déjà.

Que faut-il éviter pour ne pas aggraver la sécheresse intime ?

La plupart des problèmes intimes ne sont pas dus à ce qui manque, mais à ce que l'on fait en excès : les produits nettoyants agressifs, les douches vaginales et les lavages trop fréquents sont les causes les plus courantes et les plus faciles à corriger.

  • Lavages à l'intérieur. Ils détruisent la flore bactérienne qui protège la muqueuse. Ils ne doivent être utilisés que sur prescription médicale.
  • Savons et gels douche courants sur la zone vulvaire : leur pH et leurs tensioactifs sont adaptés à la peau, et non aux muqueuses.
  • Des lavages répétés plusieurs fois par jour. Un ou deux suffisent généralement ; une fréquence trop élevée peut favoriser les irritations au lieu de les prévenir.
  • Produits parfumés et les protège-slips utilisés en permanence, qui retiennent l'humidité et peuvent favoriser les irritations.
  • Crèmes pour le corps génériques sur les muqueuses : formulées pour une autre partie du corps, avec des parfums et des conservateurs qui ne sont pas adaptés à cette zone.

Quand faut-il consulter un médecin en cas de sécheresse intime ?

Consultez un médecin si les symptômes suivants apparaissent

Douleur persistante pendant ou après les rapports sexuels, saignements, sensation de brûlure persistante, pertes anormales (de par leur couleur ou leur odeur), démangeaisons intenses et continues, lésions ou modifications de l'aspect de la peau, ou troubles urinaires récurrents.

Un produit cosmétique agit sur le confort et l'hydratation superficielle. Il ne permet pas d'établir un diagnostic, et des symptômes comme ceux-ci peuvent avoir des causes qu'il convient d'identifier : infections, affections dermatologiques de la vulve ou syndrome génito-urinaire nécessitant un traitement. Continuer à changer de produit alors que le problème persiste est le meilleur moyen de perdre son temps.

La gêne constitue souvent le véritable obstacle : ce sont des sujets dont on parle peu, et le sous-diagnostic du syndrome génito-urinaire de la ménopause, mis en évidence dans la littérature, s'explique aussi par cela.

En résumé

La sécheresse intime n'est pas un problème qu'il faut simplement supporter, et elle ne se résout pas en achetant le premier produit qui promet un soulagement. Il faut comprendre ce dont on a besoin : un soulagement immédiat lors des rapports sexuels, une hydratation constante au quotidien, ou un suivi médical si les symptômes sont importants. Ces trois éléments ne s’excluent pas mutuellement, mais ne se substituent pas les uns aux autres.

Et lorsque vous choisissez un produit, privilégiez les critères techniques plutôt que les arguments marketing : des valeurs proches de celles de l'organisme, la compatibilité avec ce que vous utilisez déjà, des ingrédients bien tolérés. Le reste n'est que communication.

Foire aux questions

Quelle est la différence entre un lubrifiant et un soin hydratant intime ?

Considérez le lubrifiant comme un parapluie quand il pleut, et la crème hydratante comme la crème que vous utilisez tous les jours : l'un apporte une solution immédiate, l'autre agit sur le long terme. Ce ne sont pas des alternatives, et dans de nombreux cas, ils sont plus efficaces ensemble.

Puis-je utiliser une crème pour le corps classique sur mes parties intimes ?

Non. Les crèmes pour le corps sont conçues pour la peau, et non pour les muqueuses : leur pH, leurs parfums et leurs conservateurs sont adaptés à une autre partie du corps et peuvent provoquer des irritations. Il faut utiliser des produits spécifiques sur les parties intimes externes, et ne jamais appliquer quoi que ce soit à l'intérieur, sauf sur avis médical.

La sécheresse intime est-elle uniquement liée à la ménopause ?

Non. Ce phénomène est plus fréquent pendant la ménopause et la périménopause, mais il peut également survenir pendant l'allaitement, sous certains contraceptifs hormonaux, lors de traitements oncologiques, avec certains médicaments courants ou à la suite de l'utilisation de produits d'hygiène agressifs et de lavages vaginaux.

Qu'est-ce que l'osmolalité d'un lubrifiant et pourquoi est-elle importante ?

C'est la mesure du degré de concentration de la formule. Un produit beaucoup plus concentré que les tissus attire l'eau des cellules et peut irriter au lieu d'apporter un soulagement. L'OMS indique comme valeur idéale une osmolalité ne dépassant pas 380 mOsm/kg, avec 1 200 comme limite de tolérance.

Puis-je utiliser du lubrifiant avec un préservatif ?

Oui, mais uniquement ceux à base d'eau ou de silicone. Les produits à base d'huile, y compris l'huile de coco et la vaseline, dégradent le latex et compromettent son étanchéité. Si vous utilisez des jouets en silicone, évitez les lubrifiants à base de silicone et optez pour ceux à base d'eau.

À quelle fréquence faut-il utiliser un soin hydratant intime ?

Les recommandations des sociétés scientifiques préconisent une utilisation régulière, généralement deux ou trois fois par semaine, quelle que soit l'activité sexuelle. C'est la régularité qui fait la différence : s'il n'est utilisé que lorsque la gêne est déjà présente, son efficacité est bien moindre.

Quand dois-je consulter un médecin ?

En cas de douleur persistante, de saignements, de sensation de brûlure qui ne disparaît pas, de pertes anormales, de démangeaisons intenses, de lésions cutanées ou de troubles urinaires récurrents. Même si la sécheresse ne s'améliore pas après quelques semaines d'utilisation correcte d'un produit hydratant : il existe des traitements efficaces qu'un produit cosmétique ne peut pas remplacer.

Le lubrifiant à base de silicone abîme-t-il les sex-toys ?

C'est possible si le jouet est en silicone : les deux matériaux peuvent réagir entre eux et abîmer la surface à la longue. Avec les sex toys en silicone, il est préférable d'utiliser un lubrifiant à base d'eau. Avec d'autres matériaux, comme le verre ou le métal, le silicone ne pose aucun problème.

La pilule contraceptive peut-elle provoquer une sécheresse vaginale ?

Chez certaines personnes, oui : certains contraceptifs hormonaux réduisent la composante œstrogénique qui favorise l'hydratation des tissus. Cela ne concerne pas tout le monde, et ce n'est pas une raison pour arrêter la pilule de son propre chef : si ce problème survient, il faut en parler à la personne qui vous l'a prescrite.

L'huile de coco est-elle un bon lubrifiant naturel ?

Il hydrate bien, mais présente deux limites importantes : il n'est pas compatible avec les préservatifs en latex, qu'il dégrade, et son pH et son osmolalité n'ont pas été testés comme c'est le cas pour les produits formulés pour un usage intime. Il ne convient que sans préservatif et aux personnes qui ne présentent pas de sensibilité particulière.

La sécheresse vaginale peut-elle être liée au stress ?

Bien qu'il ne figure pas parmi les causes directes les plus documentées, le stress peut avoir une influence indirecte sur les cycles menstruels, l'allaitement et d'autres équilibres hormonaux qui, à leur tour, ont une incidence sur l'hydratation des tissus. Si le problème persiste, il convient toutefois d'examiner les causes les plus fréquentes avant de l'attribuer au stress.